Douglas D558-1 Skystreak Meikraft au 1/72ème

L'avion

Sorti tout droit d'un album de science fiction de l'époque, cet engin qui ne tarda pas à recevoir le sobriquet de " flying stovepipe "(tuyau de poêle volant) ou de " flying test tube " (tube à essai volant), fut conçu pour l'étude des vitesses transsoniques selon la première phase d'un programme contracté conjointement par l'US NAVY et le NACA (aujourd'hui NASA).

Le premier des 3 exemplaires construits, décolla officiellement pour la 1ère fois le 5 mai 1947 de Muroc (Rogers Dry Lake - Californie) au mains de Gene May.

Le 20 août 1947, le CDR Turner Caldwell de la Navy enlevait à ses commandes le record du monde de vitesse à 640.633 mph - 1030.78 km/h - mach 0.825, suivi 4 jours plus tard du LTCOL Marion Carl du Marine Corps, à 650.606 mph - 1045.85 km/h - mach 0.828.

Comme la plupart des engins expérimentaux à hautes performances de l'époque, le D558-1 était particulièrement dangereux pour ses pilotes, en les plaçant régulièrement dans des situations préoccupantes. Le 3 mai 1948, dans les secondes qui suivirent le décollage, le compresseur du réacteur General Electric TG-180 se désintégra en détruisant au passage la timonerie de profondeur, entraînant immanquablement dans la mort le pilote du NACA Howard Lilly.

Le mur du son fut franchi pour la 1ère fois, comme chacun sait, le 14 octobre 1947 par Chuck Yeager de l'US Air Force sur Bell X-1.
Quant au D558-1, ayant par la suite atteint mach 1 le 29 septembre 1948 pour la seule et unique fois de sa carrière, il fut retenu par l'histoire comme le parent pauvre de la course au franchissement de la " barrière ", notamment en raison d'une approche plus " conservatrice " du problème de la part de ses concepteurs comme de ses utilisateurs.

Il n'en fut pas moins un important outil de recherche, permettant de recueillir de précieuses données pendant plus de 6 ans.

La maquette

Ce kit produit initialement en 1989 est, à ma connaissance, le seul au 1/72e, il est plutôt difficile à trouver et j'ai obtenu le mien chez un bon revendeur grand breton. Il y a néanmoins des rumeurs de réédition chez Twelve Squared. Pour ceux qui préfèrent le 1/48e, Collectaire en a sorti une belle résine.

Deux grappes de couleur bleue (l'une bleu vif, l'autre bleu ciel) se trouvaient dans ma boîte mais d'autres couleurs sont possibles, j'en ai vu des orange.
L'aspect de ces grappes regroupant une cinquantaine de pièces, dont certaines doublées comme le train d'atterrissage, me rappelle beaucoup le syle High Planes Models (pour ceux qui connaissent), c'est à dire à faire peur du premier abord, mais les pièces ont une fine gravure en creux et des formes assez fidèles après un bon coup de nettoyage / ébarbage / polissage. Bien sûr, pas de picots d'encrage.

Il y a 2 verrières thermoformées, mais différentes l'une de l'autre : L'une de type " goutte d'eau " existant lors des premiers vols, l'autre avec pare-brise en " V " genre X-15, avec petites glaces latérales, montée par la suite car plus costaude, notamment pour protéger le pilote en cas de culbute.

De même, la planche de décalques permet de réaliser à peu près toutes les variantes, l'avion ayant été constamment modifié au cours de sa carrière.
La notice est d'ailleurs très complète sur le sujet et fait état de différentes livrées de couleur rouge ou blanche.

Montage

Pour cette réalisation, je me suis documenté sur les ouvrages suivants :

La verrière en bulle étant abîmée, j'ai donc opté pour une autre version, ce qui m'a économisé l'aménagement intérieur puisqu'on ne voit rien, la verrière réelle étant si étroite qu'il est arrivé au LTCOL Marion Carl de s'y coincer la tête en voulant regarder sur le côté…

J'ai préféré attendre le collage des 2 demi-fuselages avant de placer la cloison verticale de l'entrée d'air afin de bien pouvoir la centrer, ce qui n'est pas très difficile avec une pince coudée, avant de coller la pièce qui recouvre le cockpit.

Le lest indispensable ne peut pas être placé à l'avant pour cause d'entrée d'air, mais en arrière du logement de train avant.

L'assemblage des demi-fuselages et des ailes demandent un sérieux coup de masticage/ponçage, mais il ne reste plus grand chose à faire d'autre hormis l'empennage horizontal et le train.

L'avion ayant au sol, une assiette rigoureusement horizontale, cet effet est assez difficile à rendre car l'empattement du train est très réduit, les jambes du train principal sont trop longues et la jambe du train avant, trop courte, ce qui demande un peu de chirurgie sous peine de se retrouver avec un avion renifleur…

Peinture, finitions

J'ai choisi de représenter la machine vers le début de sa carrière, avec :

La couleur réelle était écarlate (scarlet) ou cramoisi (crimson) avant que l'on ne s'apperçoive que le blanc était bien plus visible de loin dans le ciel pur de Californie.

Pour ma part j'ai opté pour Humbrol 174 signal red qui tire un peu sur le orange, afin de tenir compte de " l'effet d'échelle " et de l'altération rapide par le soleil, comme semblent l'indiquer les photos (dont quelques magnifiques épreuves couleur de 1947).

La tuyère est peinte en Model Master Chrome silver et Humbrol metalcote 27003 Polished Steel pour l'extension.

Les aérofreins sont très proéminents et les marques de nationalité qui sont à cheval dessus ont besoin d'une bonne dose de Microsol / Microset.

Pour finir, 2 tiges type Evergreen sont fixées à l'extrémité de chaque aile, en remplacement des pièces fournies par la boite à cet effet.

Conclusion

Ca nous change des Messerschmitt !

 

 

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