KP Sukhoi Su 22 M4 Fitter K 1/48ème

L'avion

Le Fitter K est un dérivé lointain du Sukhoi 7. Ce dernier était un intercepteur à court rayon d'action qui évolua au cours du temps en avion d'attaque au sol. Le bureau d'étude Sukhoi sacrifia à une mode en vogue au cours des années 70 et dota le Su 7 d'ailes à géométrie variable, ce qui donna naissance au Su 17/20/22.

La version M4 est la dernière produite de cet énorme mono réacteur. Elle se distingue des autres versions par une prise d'air en pied de dérive nécessaire au refroidissement de la post-combustion du réacteur de pas loin de 12 tonnes de poussée.

Cet engin est monstrueux, avec ses lance leurres plaqués sur les côtés du fuselage, son bruit épouvantable et une maniabilité toute relative… Là où cela devient curieux, c'est que les Tchèques ont fait une patrouille acrobatique composée de 6 Fitter K ! Ca fait du bruit, ça lance des leurres dans tous les sens, mais bon…

La maquette

KP a sorti deux boîtes : le Su 22 M3 et le Su 22 M4. Leur contenu est en grande partie similaire, ne différant qu'au niveau des emports et de la dérive. La maquette est juste de formes, gravée en creux dans un plastique assez tendre. La version M4 comporte deux bidons de 850 litres, deux paniers à roquettes UB 32-57, un pod de contre mesures électroniques et un pod de reconnaissance.

Les choses se gâtent un peu au niveau des détails. L'habitacle est assez curieux, par exemple : l'habillage en est spartiate, mais le siège est une excellente reproduction d'un fauteuil Louis XVI. Les jambes de train ne sont pas terribles, mais peuvent suffire. Les puits de train sont nus, et nécessitent un sérieux travail de détaillage. Les pylônes sont intéressants : ils sont prévus pour une aile droite, or la flèche de la partie fixe de la voilure du Fitter est de l'ordre de 60°… A vos lames !

Deux options de décoration sont proposées : un avion est-allemand avec de grands parements jaunes bleus et rouges, et des bidons jaunes tigrés, et un avion polonais. On a sur la planche très complète l'intégralité des stencils.

Les accessoires

On peut obtenir un modèle impressionnant en assemblant la maquette KP fromzebox, mais je voulais plus. Trois marques ont, ce me semble, des cockpits en résine pour la bête : Cutting Edge, Neomega et (je crois) Aires. J'ai acheté le set Cutting Edge, qui est fabuleux. On a la baignoire du cockpit en une pièce superbement détaillée, un siège K36 avec deux appuie-tête possibles, un tableau de bord avec sa casquette, un manche à balai et le rideau de vol aux instruments en résine, et diverses sondes et antennes, plus les arceaux de verrière et les tuyaux de dégivrage de la verrière en photodécoupe. Au risque d'insister, c'est très beau.

Cutting Edge a aussi réalisé une superbe tuyère en résine, et un kit de détaillage externe. Celui ci comprend les parties mobiles de la voilure, les becs et les volets, les aérofreins et leurs logements et les lance leurres. C'est encore une fois magnifique (non, je suis pas payé par Cutting Edge, et croyez-moi, je le regrette). Le problème, c'est que le kit de détaillage externe coûte 12 dollars de plus que la maquette elle-même (d'où mes regrets précédemment évoqués).

Pour les petits détails, Eduard et Part ont fait de très jolies planches de photodécoupe.

Pour finir avec le matériel, j'ai décidé de rajouter les roues Equipage, qui sont en résine avec des pneus en caoutchouc, et qui sont beaucoup plus belles que les originales.

Les jambes de trains ont été réalisées en laiton par un mien ami joaillier amateur, ce qui m'a épargné bien des soucis…

Il existe différentes planches de décalques pour les Fitter : Cutting Edge en a fait deux, et Aeromaster aussi. Linden Hill a fait une planche sur les Fitter de la vallée du Panshir. Il existe aussi une planche Aeromaster de stencils pour la bête. J'ai une planche Aeromaster, qui propose un Fitter K Afghan, un Irakien et un Ukrainien, et un Fitter J Bulgare. J'ai décidé de faire ce modèle aux couleurs afghanes, et de représenter l'avion d'un pilote qui a fait défection et qui est allé se poser au Pakistan.

Construction

Une fois n'est pas coutume, j'ai commencé par les puits de train principal. Le nez dans le Lock On de Verlinden, j'ai rajouté toutes les conduites qui tapissent les baies de train en utilisant des fils de cuivre de différents diamètre, ainsi que quelques chutes de résine et de la carte plastique. J'ai percé les orifices d'éjection des douilles des canons de 30mm, et les prises d'air de ventilation des compartiments canons et découpé les emplacements des volets.

Un des problèmes que j'avais rencontrés lors d'une précédente tentative de construction de la bête m'inquiétait : les parties fixes des ailes sont plus épaisses que l'emplanture telle qu'elle est figurée sur le fuselage. J'ai trouvé la solution sur le net : il faut scier les plots de positionnement des ailes, poncer pour obtenir une surface de collage parfaitement plane, et coller sur chant.

Il faut penser à éliminer les plots de fixation de la partie mobile de la voilure qui n'ont plus lieu d'être.

On colle alors les deux demi-ailes en faisant très attention à leur alignement, car entre la gravure, les cloisons de bord d'attaque et les puits de train, tout ne va pas forcément de soi. Un ponçage soigneux des puits de train permet d'éliminer tout défaut à cet endroit, mais on n'échappera pas au masticage des bords d'attaque. Pendant que le mastic sèche, on en profitera utilement pour poncer l'emplanture pour obtenir là aussi une surface parfaitement plane. Un avantage supplémentaire de cette technique est d'avoir une surface légèrement granuleuse qui permettra à la colle liquide de s'infiltrer par capillarité et d'assurer un joint solide.
J'ai attaqué les pylônes au bistouri pour qu'ils s'ajustent à la flèche du bord d'attaque. Les gros pylônes situés près des pivots des ailes nécessitent le collage d'une bandelette de carte plastique fine et un copieux masticage. Il faut en plus faire très attention à leur alignement, car leur bord d'attaque est le prolongement d'une cloison d'aile. Les autres pylônes subissent le même genre de traitement, en moins complexe.

La baie de train avant est détaillée elle aussi, avec les ingrédients utilisés pour les puits de train principal. La grosse différence est que lesdits éléments ainsi que la baie sont peints avant installation. La baie est peinte en RLM65 de chez Gunze.

La baie est ajustée soigneusement aux contours du fuselage.

Les quatre trappes qui entourent le nez peuvent, lorsque l'avion est à l'arrêt, prendre à peu près n'importe quelle position. On peut voir sur les photos du " Lock On " que généralement, les trappes descendent sous l'effet de la gravité. On les découpe donc sur la maquette, et on retaille les trappes inférieures. Les bords arrière des trous supérieurs sont affinés , et on colle les trappes en place.

L'intérieur du fuselage est gratté au niveau du cockpit pour permettre à la baignoire en résine de rentrer, et copieusement affiné au niveau du croupion pour pouvoir installer la tuyère. Celle-ci est peinte et patinée pour ressembler encore et toujours aux photos du " Lock On " (indispensable, ce bouquin !). On commence donc par une couche de noir pneu, suivie d'un brossage à sec au pastel sec gris très clair.

Le cône d'entrée d'air est assemblé. On colle à l'intérieur deux billes en plomb de .44 pour lester la bête. On mastique et on ponce bien tout cela avant de peindre la pointe en vert radôme et le corps en aluminium Alclad II.

L'intérieur des demi fuselages est gratté avec une lame pour que la baignoire en résine Cutting Edge puisse s'y adapter. Cette dernière est peinte avec du bleu RLM65 Gunze auquel on aura ajouté une pointe de bleu Tamiya. Les détails sont peints en s'inspirant du " Lock On ", et la cloison arrière recevra un jus fait à l'encre de Chine sépia diluée, avant un léger brossage au pastel gris clair.

Le tableau de bord est peint en utilisant la même teinte que la baignoire, les cadrans sont peints en noir pneu avec les détails relevés à la peinture blanche. Il ne faut pas oublier la ligne blanche qui matérialise le milieu de la planche de bord, et qui sert d'aide au pilote en cas de désorientation (c'est assez pratique pour remettre le manche au neutre !). La casquette du tableau de bord est peinte en noir, et sa partie en toile reçoit une couche de brun clair, avant de subir un jus sépia et un brossage au pastel.
Je suis ensuite passé à l'autre extrémité de la bête. La dérive est assemblée, et la gouverne de direction est enlevée à la scie, pour être remplacée par les pièces Cutting Edge qui figurent ladite gouverne et ses charnières.

Le premier grand moment de la construction arrive : la fermeture du fuselage. Vive le sport ! Je n'ai pas été déçu. L'assemblage du cône d'entrée d'air se colle assez bien. Le cockpit Cutting Edge suit, ainsi que le puits de train avant et la tuyère. Jusque là, ça va… Je n'ai pas voulu utiliser les aérofreins Cutting Edge, et n'ai donc pas découpé le fuselage à ce moment. Je l'ai regretté plus tard.

Ensuite, j'ai collé, centimètre par centimètre, à la colle liquide, les demi fuselages. Il a fallu mastiquer à peu près partout, mais le résultat était correct.

Les ailes ont suivi, et ont nécessité elles aussi un sérieux masticage.

Ensuite, j'ai collé les aérofreins dans leurs logements. Les quatre pelles sont identiques, mais pas les quatre logements. On retaille, lime, gratte et on colle tant bien que mal, avant de mastiquer, poncer et regraver.

Ensuite, ça a été le tour des deux sondes pitot. La sonde gauche a été débarrassée de ses excroissances, et poncée pour ressembler un peu plus à une perche pitot qu'à un pavé. La sonde de droite a été elle aussi sérieusement poncée. J'ai collé lesdites sondes en position 10h10 sur le nez du bestiau. Une fois la colle sèche, il m'a fallu tordre les sondes pour qu'elles pointent dans la bonne direction. Un bon masticage et un ponçage soigneux ont éliminé tous les défauts restant à cet endroit.
Un petit tour par la verrière a suivi. Je l'ai trempée dans du Klir puis, une fois ce dernier sec, j'ai masqué au Scotch l'intérieur et l'extérieur du pare brise et de la partie basculante.

J'ai collé les arceaux à la cyano, et peint le tout avec la même teinte que le cockpit. J'en ai profité pour peindre toutes les pièces du mécanisme de verrouillage de la verrière, que j'ai ensuite collées.

La casquette du tableau de bord est peinte, la partie entoilée étant marron clair, avec un peu d'encre sépia passée dans les creux et un léger brossage au pastel. Le reste est noir pneu, les boutons du panneau de contrôle du viseur tête haute sont quant à eux blancs. On colle le tableau de bord à sa casquette, et on fait positionne le tout sur le fuselage. Le tour de la casquette est peint noir pneu, et on colle le pare brise à sa place.

 

Les prises d'air de refroidissement de la PC du monstrueux réacteur sont creusées, puis collées.

Les phares d'atterrissage sont figurés par une simple gravure, alors qu'ils sont en fait logés dans des protubérances. Pas grave. La forme est tracée sur du Scotch transparent posé sur le fuselage, puis reportée sur de la carte plastique que l'on découpera et limera afin qu'elle adopte le profil voulu. La pièce Part qui représente le tour des phares est collée et on mastique et ponce un peu pour adoucir les contours. Le tour est joué.

Une couche de gris clair couvrira la maquette pour vérifier les lignes de joint, et direction l'atelier de peinture !

 

Peinture et décoration

Afin de donner un peu de vie au modèle, on commence par pré-ombrer en passant sur les lignes de structure du noir pneu.

 

Les panneaux diélectriques sont peints en vert radôme puis masqués.

On peint ensuite le ventre de la bête au bleu RLM 65 Gunze. Une fois le ventre sec, on masque les flancs et on peint le dessus en utilisant les teintes Aeromaster acryliques " Pacte de Varsovie " : Tan, Red Brown et Dark Green. On passe des couches fines pour que les lignes de structures surlignées transparaissent légèrement sous la peinture finale.

Les détails des puits de trains sont repris à ce moment, toujours en s'aidant du " Lock On ".

Les parties mobiles de la voilure sont peintes à leur tour, ainsi que les becs et les volets. Les bords d'attaque des volets sont ensuite peints couleur acier, tout comme l'intérieur des becs et les logements des dispositifs hypersustentateurs dans les ailes. La partie de l'aile qui est autour du pivot est elle aussi peinte en acier. Une couche de vernis brillant et on est paré pour les décals.


J'ai essayé d'utiliser les décals de la boîte pour les marquages de servitude qui parsèment l'engin, mais ils n'ont pas voulu : imprimés par Propagteam, ils s'enroulent ou se déchirent au moindre contact.. Heureusement, j'avais en stock une planche Hi Decal Line qui comporte ces marquages. Les cocardes afghanes et les marquages de l'entrée d'air proviennent de la planche Aeromaster.

Une fois que les décals étaient secs, j'ai passé une nouvelle couche de vernis brillant, puis ai repris les lignes de structure avec un jus très léger. D'après la photo dont je dispose de cette machine particulière (World Air Power Journal vol 2 : " Sukhoi Fitter Family "), l'avion est assez propre.

Avant de vernir mat, j'ai peint en Dark Aluminium de chez Alclad les plaques de protection en acier qui sont sur le fuselage à hauteur des bouches des canons NR 30 de 30mm et je les ai mises en place.

Finitions

Il s'agit maintenant de préparer les trains d'atterrissage en collant les nombreuses conduites hydrauliques et pneumatiques qui les recouvrent. On peint bleu RLM65, on vernit et on salit un peu : le Fitter se pose vite, les freins et les pneus sont soumis à rude épreuve, et tout ça laisse des traces !

Les trappes du train principal sont affinées et creusées à certains endroits, toujours pour ressembler à ce que l'on voit dans le " Lock On ".

Les trappes avant reçoivent leurs articulation avant d'être peintes. On colle le tout, et on passe au plus pénible : les sondes et antennes diverses en photodécoupe. Quand tout est fini, on enlève les masques de la verrière et on souffle un grand coup. Sauf que moi, j'ai enlevé les masques du parebrise, et j'ai vu les masques que j'avais laissés à l'intérieur... Pas grave (quoi que...), on décolle, on enlève, on recolle et on refait l'entourage de la pièce.

 

Conclusion

La maquette n'est pas simple, et nécessite un investissement, en temps et si on veut pousser un peu loin le détail en argent, non négligeable. En revanche, le résultat est superbe ! Voilà une machine à l'aspect agressif, et particulièrement impressionnante du fait des ailes déployées et des becs et volets baissés.

Les quelques défauts ne sont pas rédhibitoires, seul le cockpit devant vraiment être changé. N'hésitez donc pas, le kit Neomega n'est pas très cher, la maquette non plus, et vous obtiendrez une belle réplique de ce chasseur bombardier.

 

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